Eolien maritime / 19 avril 2017

Le seuil des 12 MW franchi… virtuellement!

La montée en puissance des éoliennes est un des principaux leviers identifiés de réduction des coûts en offshore. Et la course en avant ne s’arrête pas!

ADWEN AD 8-180 PrototypePourtant, cette augmentation de la taille des machines n’est pas sans poser des problèmes de conception, fabrication, transport etc. Il faut le rappeler: si la première REpower 5 MW est apparue en 2004, il faudra attendre 2012 pour commencer à tester les 6 MW Siemens et GE-Alstom qui constituent le standard offshore actuel. Puis, en 2014, Vestas a proposé la première 8MW (V164) qui remporte de nombreux succès dans les nouveaux appels. Adwen est en cours de finalisation de montage en Allemagne de son prototype, l’AD 8-180, la plus grande au monde, et Siemens monte progressivement en gamme avec la SWT-7.0-154 en 2015 puis la SWT-8.0-154 début 2017. Des annonces indiquent déjà que ces 8 MW seront dépassées, la V164 atteignant par exemple les 9 MW « sous certaines conditions ». Siemens évoquait déjà mi-2016 une plateforme 1X pour 2021 (article Windpower Monthly). Il est donc certain de voir apparaître rapidement le démarrage de plateformes de plus de 10 MW.

D’ailleurs, les projets de cette puissance sont déjà en cours depuis quelques années, que ce soient pour stimuler :generator_SWAY_ST10-MW

  • des voies de développements originaux comme la SeaTitan d’AMSC (à génératrice supraconductrice), la S10 du norvégien SWAY (où la génératrice annulaire de très large diamètre passe au milieu des pieds de pale) ou la (maintenant abandonnée) Britannia de Clipper,
  • les axes de R&D comme les projets européens SUPRAPOWER (2013-17), sur génératrice supraconductrice 10MW, les très importants UpWind (40 partenaires, 2006-11) et INNWind (27 partenaires, 2012-17) sur la conception de machines de la classe 10-20 MW, LIFEs50 + (12 partenaires dont Ideol, 2015-18) sur conception de fondation flottante pour éolienne 10 MW ou l’éolienne générique du DTU (Danish Technical University). Cette dernière a été initiée dès 2010 par le projet danois EUDP2010-I Light Rotor avec Vestas. Cette éolienne de référence a été définie en 2013 et sert maintenant à la communauté scientifique internationale. Enfin, un des récents appels du programme cadre H2020, le LCE-14-2017 lancé le 11 mai, concerne justement la démonstration d’éoliennes >10 MW. Les projets retenus en 2018 devront atteindre à échéance le TRL 7.

Le seuil des 12 MW a finalement été franchi… virtuellement lors de l’annonce des lauréats de la première vente concurrentielle en Allemagne. DONG Energy et EnBW ont en effet remporté respectivement 2 (2*240MW) et 1 (900MW) parcs sans demande de subvention! L’éolien offshore, sur ces sites allemands très bien ventés, atteindra donc la compétitivité. Pour DONG, parmi les éléments qui ont motivé leurs offres, est retenue la possibilité de disposer de machines 13-15 MW en 2024 pour une durée d’exploitation de 30 ans.

N’oublions cependant pas que l’Europe n’a que 10 ans de recul sur ces grands parcs offshore et qu’un accident industriel, comme il s’en est produit en terrestre, peut toujours ralentir le développement de la filière. Quoiqu’il en soit, la voie (maritime) est toute tracée.

M. Rapin

Énergies Normandie